L'Esprit Saint est en train d'appeler beaucoup de monde dans l'Église.
Les demandes de baptême d'adultes sont légion.
La barque ne sombrera pas, allez.
Quels que soient les efforts ad intra et ad extra pour la faire couler.
C'est triste que le ventre d'une mère enceinte soit aujourd'hui plus un lieu de revendication politique
que d'amour pour l'enfant qui s'y développe,
lui l'être le plus innocent que la terre puisse porter
et qui n'a plus, même ici, la sécurité du droit le plus élémentaire,
celui d'être gardé en vie et d'être protégé de tout mal par la société humaine à laquelle il appartient.
Être chrétien, ce n'est pas d'abord avoir des trucs à faire ou à ne pas faire, avoir des valeurs,
un agenda rempli ou vide, une activité plutôt qu'une autre ou quoi que ce soit dans le même genre.
Être chrétien, c'est d'abord connaître le Christ en lisant le Nouveau Testament,
le fréquenter à l'église et en particulier à la messe et les autres sacrements, lui parler dans la prière,
et l'aimer en mettant en pratique tout ce qu'il nous a enseigné, autant que faire se peut.
Parce que les chrétiens ont massivement déserté la messe, on a parfois entendu dire
que la messe n'était pas si importante que ça, que ce n'était pas le tout de la vie chrétienne.
Quand les églises étaient pleines, personnes n'aurait dit pareille ineptie.
Bien sûr que la vie chrétienne se passe majoritairement hors de l'église, dans la vie courante.
Mais sans la force que donne le sacrement, qui peut accomplir les oeuvres de Dieu ?
C'est Dieu qui est bon en nous, pas nous qui sommes bons sans lui.
Et l'endroit où ce Dieu bon vient visiter notre âme pour l'affermir, la nourrir et l'encourager,
c'est à l'église, pendant la messe, là où, avec les disciples et les apôtres,
nous adorons Jésus Christ vrai Dieu et vrai homme, notre sauveur et notre force.
Je l'ai déjà dit souvent, mais j'insiste :
personne, pas même le prêtre, n'a le droit d'enlever, ajouter ou changer quoi que ce soit au missel.
La messe doit être célébrée telle qu'elle est écrite dans le missel,
avec les mots précis qui y sont imprimés et en respectant scrupuleusement les rubriques.
On ne devrait jamais pouvoir constater de différence d'un célébrant à l'autre,
si ce n'est, bien sûr, dans l'homélie, les parties à choix multiple comme la prière eucharistique,
et les parties optionnelles qui sont peu nombreuses, encadrées et limitées.
On n'est pas dans du théatre expérimental ou d'improvisation, ni dans du théatre tout court d'ailleurs.
Ceux qui veulent se faire remarquer par leur originalité ou leur génie propre, qu'ils aillent s'inscrire
dans des cours d'expression corporelle ou orale si ça les amuse, mais qu'ils ne prennent pas en otage
des paroissiens qui ont le droit d'assister à la messe que l'Église veut célébrer,
où que ce soit partout dans le monde et quel que soit le prêtre qui préside.
Plus on appartient au Christ, plus il sera facile de quitter ce monde pour entrer dans son Royaume.
Mais plus on ne s'appartient qu'à soi-même, accumulant des intérêts matériels
qui nous apportent confort, sécurité, vie tranquille et indépendance de pensée et d'actes,
plus il sera difficile et douloureux de tout perdre quand l'heure inévitable de tout quitter sera venue.
Nous fêtons aujourd'hui saint Irénée, deuxième évêque de Lyon. Il succède à saint Pothin, martyr. Venu de Smyrne (aujourd'hui Izmir, Turquie), c'est un fin connaisseur des écritures saintes, qui s'attachera à écrire une longue dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, son oeuvre majeure, Contre les hérésies. La gnose est aux religions ce que le lierre est aux arbres : un parasite qui semble en faire partie mais qui, si on le laisse se développer, finit par tuer l'arbre qu'il a envahi. Sous des prétextes de sagesse cachée, dont se prévalent quelques illuminés, la gnose prétend en savoir plus sur les vérités spirituelles que ce que l'on trouve dans les écritures saintes, reléguant Dieu lui-même au rang de sous-fifre. Dans son livre, entre autre, saint Irénée établit l'importance fondamentale de la succession apostolique, dont l'Église tire sa légitimité. Lui-même, dans sa prime jeunesse, nous dit-il, a connu Polycarpe, l'évêque de Smyrne ordonné par les apôtres. Pour lui, sans le moindre doute, les évêques, successeurs des apôtres, sont les tenants de la Tradition qui vient d'eux, ce qui discrédite toute invention hérétique imaginée, sans aucun lien avec eux, par le cerveau surchauffé du premier venu qui s'auto-proclamerait prophète. D'autre part, il montre comment il fallait que le messie soit Fils de Dieu, mais aussi vrai homme, sans quoi il n'aurait pas pu nous sauver : si ce n'était pas un homme qui avait vaincu l'adversaire de l'homme, l'ennemi n'aurait pas été vaincu en toute justice. D'autre part, si ce n'était pas Dieu qui nous avait octroyé le salut, nous ne l'aurions pas reçu d'une façon stable. Et si l'homme n'avait pas été uni à Dieu, il n'aurait pu recevoir en participation l'incorruptibilité. Il montre aussi que c'est le même Dieu qui est l'auteur des deux testaments, puis s'attachera à montrer la véracité et la certitude de la résurrection de la chair, contre l'hérésie gnostique qui prétend que tout ce qui est matériel est mauvais et haïssable. Son influence est donc majeure dans l'histoire de l'Église, car les principes qu'il a établis ont toujours aujourd'hui la même valeur. Il est d'ailleurs toujours bon de se souvenir, soit dit en passant, que l'institution de la hierarchie catholique (pape, évêques, prêtres et diacres) n'est pas le fruit du hasard ou d'une appropriation malfaisante d'une Église uniforme pour en faire une Église organique par un petit nombre d'arrivistes, mais bel et bien le fruit de la volonté explicite et permanente de Jésus-Christ, aujourd'hui comme au temps des premiers apôtres qu'il a lui-même choisis et établis pour transmettre fidèlement son Évangile au monde.
C'est une erreur d'avoir remplacé ce qui devrait être le coeur du christianisme,
à savoir l'amour du Christ et l'obéissance à ses enseignements,
par juste une morale sexuelle qui depuis trop longtemps semble plus importante que le reste.
Être disciple du Christ, ce n'est pas être impeccable moralement,
encore que, bien entendu, être impeccable moralement ne soit pas une mauvaise chose.
Mais c'est surtout suivre le Christ, malgré nos faiblesses et nos fautes;
ne jamais nous laisser éloigner de lui, quels que soient les péchés que nous ayons commis;
ne jamais se lasser de l'écouter, assis à ses pieds comme le serviteur aux pieds de son maître.
Et si le serviteur est sale, s'il est difforme, s'il a une malformation, qu'à celà ne tienne mais,
tant qu'il tient son poste et qu'il s'efforce de faire de son mieux malgré ses défauts,
qui pourra lui en tenir rigueur et le condamner pour ce qu'il a le malheur d'être,
et non pas tenir compte avec compassion de ce qu'il s'efforce de faire de bon ?
Celui qui est colérique,
qu'il utilise sa colère contre les péchés qui veulent l'éloigner de Dieu.
Celui qui est apathique,
qu'il utilise son manque d'énergie pour ne pas s'éloigner de Dieu.
Celui qui est envieux,
qu'il excite son envie d'imiter les saints.
Celui qui est inconséquent,
qu'il en profite pour ne pas s'attacher au péché.
Celui qui est boulimique,
qu'il se nourrisse encore et toujours plus de prière.
Celui qui est médisant,
qu'il dise du mal de la tentation, du diable et du péché.
Celui qui aime les richesses,
qu'il recherche celles du Royaume des Cieux.
Il n'y a pas de défauts, il n'y a que des qualités mal utilisées.
Ça m'ennuie toujours quand on élève quelqu'un de consacré à Dieu au rang de vedette.
On a déjà eu des vedettes dans l'Église, comme soeur sourire ou le père Duval,
et ça finit souvent très mal.
On ne peut appartenir au Christ et aux médias en même temps.
C'est comme établir sa demeure dans un champ de mines.
Ce n'est pas une vertu d'être timide, faible, facile à convaincre ou d'avoir un caractère soumis.
Ce qui est une vertu, c'est d'avoir les moyens de se défendre efficacement,
et de ne pas s'en servir quand on pense qu'il peut en sortir un bien supérieur
au droit inaliénable et tout à fait légitime de protéger ses intérêts personnels.
Savoir dire non est important, en particulier quand on est généreux, parce que sinon,
ce que l'on offrait au début comme des faveurs sera vite considéré comme des droits, à nos dépends.
Or, être généreux parce qu'on le veut bien, soit. Mais on a parfaitement le droit de changer d'avis,
ce n'est pas un dû, et ce n'est pas parce qu'on est chrétien qu'on doit se laisser forcer la main.
Ce n'est pas parce que le libre arbitre est libre qu'il est nécessairement bon et clairvoyant.
Ce que nous décidons dans la souveraineté de notre volonté propre n'est bon
quand quand nous nous appliquons à suivre le chemin, la vérité et la vie qu'est Jésus Christ.
Quand nous nous en détournons pour n'en faire qu'à notre tête, alors ça peut vite devenir un mal.
L'amour de l'argent et l'amour du prochain sont incompatibles à de nombreux niveaux,
ne serait-ce que parce que, quand on est riche,
on ne sait jamais si on est aimé pour soi-même ou pour ce qu'on pourrait nous soutirer.
Ça doit rendre drôlement paranoïaque, d'être riche. En tous cas, il serait logique de le devenir,
et aussi de devenir cynique, parce qu'on croit savoir à l'avance pourquoi on intéresse les autres,
quand bien même ils n'auraient envers nous qu'une amitié authentiquement désintéressée.
Aimer la Parole de Dieu, c'est sans aucun doute une excellente chose.
Mais tant qu'à faire, il faut aller jusqu'au bout, et aimer celui qui les a prononcées.
C'est l'amour de Jésus Christ qu'il faut rechercher et auquel il faut se tenir,
pas juste l'obéissance à des commandements dont on aurait oublié l'auteur.
C'est l'amour de Jésus qui caractérise le christianisme, pas juste des "valeurs".