Tant qu'on est fier de ses défauts, on n'est pas prêt de changer en luttant sérieusement contre eux.
On ne devrait jamais se vanter de nos défauts, on devrait plutôt les pleurer.
Tu penses que Dieu t'a oublié parce qu'il ne répond pas à tes prières ni à tes besoins ?
Si Dieu t'oubliait, tu cesserais d'exister.
On peut parfois penser qu'il vaudrait mieux ne pas exister que de souffrir, mais c'est faux.
L'existence est un bien incommensurable, et même quand elle n'est pas parfaite,
elle demeure infiniment supérieure au néant.
Les apôtres de la mort ont beau essayer de nous faire croire
qu'ils veulent tuer des bébés, des vieillards ou des malades par humanité et par amour,
en réalité ils sont les ennemis jurés de l'amour.
Dieu est amour. Et il donne la vie.
Chercher à l'éliminer, c'est cracher sur le don de Dieu, et sur Dieu lui-même.
Et ça, aucun argument mielleux, aucune parole doucereuse ne peut rien y changer.
Tiens, un petit rappel du Catéchisme de l'Eglise Catholique qui ne fait pas de mal :
III Le Christ Jésus " Médiateur et Plénitude de toute la Révélation " (DV 2)
Dieu a tout dit en son Verbe
65 " Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils " (He 1, 1-2). Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-là. S. Jean de la Croix, après tant d’autres, l’exprime de façon lumineuse, en commentant He 1, 1-2 :
"Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l’interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté" (Carm. 2, 22, 3-5).
Il n’y aura plus d’autre Révélation
66 " L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ " (DV 4). Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles.
67 Au fil des siècles il y a eu des révélations dites " privées ", dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’ " améliorer " ou de " compléter " la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église.
La foi chrétienne ne peut pas accepter des " révélations " qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles " révélations ".
J'ai eu des directeurs spirituels, quand j'étais jeune.
Ils me disaient quoi penser, et comment agir.
Il y en a même un qui a fini par me virer,
parce que j'étais bien incapable d'obéir strictement à ce qu'il me demandait,
et qu'il ne pouvait pas supporter la frustration de ne pas réussir à "m'aider".
Puis, un jour, j'ai eu un père spirituel.
Il a toujours refusé de me dire quoi faire ou quoi penser.
Il m'écoutait, juste. Et me laissait découvrir par moi-même ce qui n'allait pas,
et ce dont j'étais capable ou pas, sans objectif fixé, sans pression, avec bienveillance.
Et il a porté mes péchés pour moi, refusant de me confesser toutes les cinq minutes
et me disant qu'il répondrait devant Dieu à ma place des conséquences,
afin que je puisse enfin porter mon regard sur Dieu et me laisser aimer gratuitement,
au lieu de le garder constamment dirigé sur ma propre misère.
Je vous laisse deviner ce qui, à mon avis, est le mieux.
Les médias nous poussent à juger tout le monde, tout le temps. Ils nous disent même quoi penser,
à force d'adjectifs pour qualifier les nouvelles qu'ils donnent, au lieu d'être impartiaux.
Je préfère quant à moi la façon de faire des pères du désert.
Quand on leur dénonçait quelqu'un qui avait mal agi, au lieu s'accepter de le blâmer,
ils s'humiliaient devant Dieu en pleurant leurs propres péchés,
car ils avaient bien conscience du fait que nous sommes tous pécheurs, hélas, en réalité.
Même si on n'agit pas par un besoin pathologique de reconnaissance,
être remercié de temps à autre pour ce que l'on fait n'est pas désagréable.
Il faut juste que ça soit suffisament rare pour qu'on ne pense pas qu'on nous flatte,
et aussi pour que personne ne nous vole les remerciements qui viendront de Dieu.
C'est marrant cette phrase : "personne n'est indispensable", parce qu'on veut bien le croire,
mais seulement pour les autres, en vrai. Pour les autres, c'est même facilement une certitude.
Mais quand il s'agit de soi-même, c'est tout de suite beaucoup plus difficile de l'admettre,
et même si on fait semblant de le croire, on a du mal à agir comme si on le croyait vraiment.
Je déteste absolument quand l'Église cherche dans le monde de l'entreprise des solutions,
comme si tout n'était qu'une question de méthode, oups pardon de process, comme ils disent.
Je suis convaincu que ce qui manque à l'Église, ce n'est pas d'imiter les entreprises,
non, ce qui manque, c'est de la sainteté. D'avoir des chrétiens qui aiment Dieu par-dessus tout,
qui donnent leur vie par amour gratuit de Dieu, que ce soit dans une vie de prière retirée du monde,
ou dans une vie de don de soi dédiée à toutes les pauvretés qui ne manquent pas sur terre.
Des saints, voilà ce qu'il nous faut. Pas des témoignages de CEO, DRH ou autres acronymes.
Jésus ne nous a pas laissé des méthodes. Il a donné sa vie pour nous.
L'amour de Dieu est incommensurable.
Mais, de même que Dieu nous dépasse infiniment et que notre esprit ne peut en faire le tour,
de la même façon on ne finit pas de comprendre ce que c'est qu'aimer comme Dieu aime.
On peut cependant en avoir une idée quand on voit des gens donner leur vie pour en sauver d'autres,
parce que c'est ce qui s'en rapproche le plus, humainement parlant.
Ça m'amuse toujours quand quelqu'un explique qu'il a été un peu mort, qu'il est revenu à la vie,
qu'il a vu tout ce qu'il y a de l'autre côté, et qu'il raconte qu'en fait la vie ne s'arrête pas avec la mort,
avec un sourire béat et un air de grand sage qu'a découvert que l'eau ça mouille, v'là l'truc de ouf.
Naaan, sans blague ? Eh, ça fait des millénaires qu'on le sait, vieux. Bonjour le scoop en carton.
Si tous ceux que ces histoires passionnent avaient pris la peine de lire le Nouveau Testament,
rien de tout cela ne les surprendrait.
Notre âme et notre corps n'ont pas la même nature,
l'âme étant de nature spirituelle et le corps de nature matérielle,
et pourtant, leur union forme une personne vivante.
C'est une union semblable qui fait des natures divine et humaine une seule personne, Jésus Christ.
C'est en tout cas ce que nous enseigne saint Léon le Grand, et la comparaison me semble brillante.
Si on veut vraiment que Dieu se mêle de nos affaires humaines pour y faire régner la justice,
alors il faut accepter qu'il puisse permettre un déluge d'eau comme au temps de Noé,
ou un déluge de feu, au choix, comme à Sodome et Gomorrhe, pour éliminer les pécheurs.
Alors ? Qui est partant pour que Dieu fasse régner une justice immanente sur terre ?
Qui osera, sans rire, s'exposer au jugement de Dieu et à ses conséquences éliminatoires ?
Qui pense être suffisamment impeccable pour faire punir les autres sans courir de risque ?
À part ceux qui ricanent dans le fond et qui pensent être des saints, je veux dire ?
Je n'arriverai jamais à comprendre comment on peut ne pas s'intéresser du tout
à ce qui se passera pour nous après notre mort.
On va tous mourir, c'est un fait indéniable, c'est même la seule certitude que nous ayons.
Refuser d'y penser ne règle rien.
Se dire qu'après il n'y a rien et refuser de le remettre en question ne va pas beaucoup plus loin.
On a des réponses. Quelqu'un est revenu nous dire ce qui se passe après,
et il n'était pas juste un peu mort, il était tout à fait mort à fond, le coeur transpercé et tout.
Il s'appelle Jésus Christ. Il a fondé une religion pour transmettre au monde ce qui s'est passé.
Refuser d'y prêter la moindre attention, pire, chercher à faire taire ceux qui l'annoncent au monde,
ça me dépasse, vraiment.
Quand on se réjouit à l'idée de la mort,
il ne faut pas être grand clerc pour se douter que c'est parce que notre vie
n'est pas si agréable ni parfaite que nous le voudrions.
Ce qu'il faut chercher, c'est s'il y a moyen de l'améliorer,
parce que tout de même, la vie est un don de Dieu, ce n'est pas n'importe quoi,
et ça vaut la peine de s'efforcer de la rendre aimable autant que faire se peut.
Il est facile, même pour l'Église, dont la mission est d'annoncer l'Évangile du Christ,
d'oublier cycliquement, au cours des siècles, quel est l'enseignement principal qu'il nous a légué :
tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toutes tes forces et de tout ton esprit,
et ton prochain comme toi-même.
Alors après elle se mêle de pouvoirs temporels, de politique, de vie sociale, de guerres ou d'écologie,
au lieu de s'occuper exclusivement d'amour, et elle se perd plus ou moins.
Pis, de temps en temps, Dieu redit son message à des personnes qui l'écoutent,
comme Thérèse de l'Enfant-Jésus, par exemple, et hop on se remet en selle.
Heureusement que l'Esprit Saint ne nous laisse pas tomber,
sinon ça fait longtemps que l'Église se serait désagrégée en oubliant allègrement sa mission.
Ce qu'il y a de bien, avec les séries noires, c'est que tôt ou tard, elles s'arrêtent.
Bon, par contre, il faut tenir bon tant qu'on est englué dedans, et ce n'est pas toujours facile,
mais le bon côté des choses, c'est que ça peut être une occasion de se rapprocher de Dieu,
ne serait-ce que parce que personne d'autre que lui ne peut rien pour nous à ces moments-là.