On n'est pas obligé d'avoir un avis sur tout,
en particulier sur les sujets qu'on n'a jamais étudié
et pour lesquels on n'a aucune compétence particulière.
On m'a déjà demandé de parler en chaire de politique, de réseaux sociaux ou d'autres choses.
Alors non. Autant ici, sur un blog, je peux bien parler de tout ce qui me passe par la tête,
autant l'homélie pendant la messe n'est légitime que quand elle parle de Jésus Christ
et des enseignements qu'il nous a laissés.
Oh, qu'elle est grande, la tentation de rejeter la responsabilité de mon péché sur les autres !
Comme Adam envers Ève, Ève envers le serpent, Caïen envers Abel, etc etc...
Comment se reconnaître pécheur, puis demander et obtenir le pardon de Dieu,
si je pense que je suis innocent de tout le mal que j'ai commis au cours de ma vie ?
Le puritanisme, cette tendance à s'offusquer de tout ce qui n'est pas politiquement correct,
n'a pas grand chose à voir avec la sainteté ni avec ce que Dieu attend de nous.
Il ne nous a jamais demandé de nous comporter comme des oies blanches,
ni de faire des bonds en rougissant, la main devant la bouche, chaque fois qu'on entend un gros mot.
Il ne faut pas confondre Foi et crédulité.
Je suis parfois surpris de constater que des chrétiens, pourtant bien formés,
croient tout ce qu'on leur raconte, quelle que soit la source ou l'intention de qui leur parle.
C'est bien de garder au coeur une dose de candeur, soit.
Mais elle ne doit pas tourner à la stupidité.
Il faut beaucoup de soins, de prières, de formation et de pratique des sacrements
pour que la graine de la Foi semée en nous au baptême devienne un fruit de Vie Éternelle.
C'est pour ça qu'il est difficile de grandir tout seul dans son coin,
sans les soins, les conseils, les prières et les exemples de la communauté chrétienne.
Jésus, en confiant Jean à Marie alors qu'il était sur la croix,
a donné à l'Église et à ses enfants une mère très aimante.
Et Marie, malgré sa peine, ne s'est pas repliée sur elle-même,
mais on la voit présente au milieu des apôtres pour la Pentecôte,
assumant le rôle qui est désormais le sien : soutenir dans la foi et la prière
toutes les personnes qui croient en son Fils et qui veulent le suivre.
Pourquoi les chrétiens ont-il jugé bon de faire de l'amour une religion ?
Parce que l'amour est une personne, enfin trois, qui s'appelle Dieu.
Parce que le refus d'aimer est un ange, enfin beaucoup, qui s'appellent le diable et les démons.
Parce que l'amour s'est fait chair, et il est venu demeurer parmi nous.
Parce que la recherche de l'amour est une recherche mystique,
pas juste un mythe pour romantiques attardés ou une bluette pour adolescentes rêveuses.
C'est curieux comme une maison dit quelque chose de la personne qui l'habite.
Ainsi, quand tout reste toujours fermé ou cloturé, ça suggère fortement un repli sur soi,
un peu comme l'escargot qui se cache dans sa coquille,
que ça soit dû à une mauvaise expérience avec le monde ou à un traumatisme personnel,
et à ce jour je n'ai jamais vu de situation où ça n'ait pas été effectivement le cas.
Il faut faire attention, quand on met sa vie au service des pauvres (quelle que soit la pauvreté),
de ne pas succomber à cette petite voix qui nous sussure qu'on est la seule personne
qui met réellement en pratique l'Évangile du Christ,
"pas comme tous ces chrétiens du dimanche" qui ne font pas la même chose que nous.
Les vocations sont multiples, toutes sont nécessaires, aucune n'est méprisable ni supérieure.
La tentation de l'orgueil, en revanche, est plus présente à certains postes qu'à d'autres,
et elle n'est pas moins grave sous prétexte qu'elle se présente cachée
dans l'auréole que l'on s'est soi-même attribuée.
Il parait qu'il y a des chrétiens qui ne veulent pas se faire vacciner,
"parce que ça ne vient pas de Dieu et que, quand on a confiance en Dieu, on n'en a pas besoin".
Quand ils veulent du feu, ils attendent qu'il tombe du ciel au lieu de se servir d'un briquet ?
Juste pour être certains que ça vient bien de Dieu, ce serviteur qui est là
pour remplacer l'intelligence humaine et subvenir à leurs besoins sans qu'ils bougent le petit doigt ?
Les personnes violentes ont souvent en commun la même excuse : on les a provoquées.
"C'est la faute des autres s'ils se sont fait taper dessus, ils l'ont bien cherché."
Il ne leur vient pas à l'idée que leur problème est d'abord leur manque évident de maîtrise de soi,
ainsi que leur incapacité à apaiser leurs contrariétés autrement qu'en les faisant payer aux autres.