Toute personne qui réclame de l'attention avec la même insistance qu'un bébé qui a faim
a à peu près le même âge mental que le bébé en question, visiblement,
puisqu'il n'a pas encore appris à gérer la frustration de ne pas être le centre du monde.
Il ne faut jamais oublier que la source de tout mal, l'ennemi par excellence, c'est le diable.
Oh ça a l'air facile de toujours tout lui coller sur le dos, peut-être ?
Une invention des chrétiens pour justifier le mal, vous dites ?
Le mal que nous commettons est trop inhumain pour ne venir que de nous,
trop contraire à toute logique et à la parole de Dieu pour n'être qu'une invention humaine.
Si on avait la clairvoyance de faire remonter tout mal à sa véritable racine,
au lieu de se désigner les uns les autres à la recherche du coupable idéal,
on ne se détesterait comme on le fait entre humains, et la paix serait enfin possible,
parce que le diable, c'est en chacun de nous qu'on peut le combattre et le vaincre,
avec la grâce de Dieu.
Aujourd'hui nous avons un de ces évangiles écrits comme des contrats d'assurance, avec des petites lettres auxquelles personne ne prête attention. Pierre demande à Jésus combien ça va rapporter, de l'avoir suivi. Préoccupation bien légitime quand on a tout quitté pour courir les routes à la suite d'un Messie voyageur. Je suppose qu'à l'époque, se mettre au service d'un prophète vient avec des avantages, et pas seulement des promesses spirituelles. Du coup Jésus lui répond, et en effet, ça rapporte ! Le centuple de ce que l'on a quitté, rien de moins, et la vie éternelle dans le monde à venir, ce qui fait un beau bonus inespéré. Et n'allez pas croire que c'est juste une façon de parler. Juste au bénéfice de l'argument, permettez-moi de parler un peu d'un cas que je connais bien, car il s'agit du mien. De formation scientifique, on m'a enseigné que tout ce que l'ont croit être vrai en science devait passer par l'épreuve du test, sans à-priori, afin de voir si la théorie correspond vraiment à la pratique, ou si le résultat de la pratique nous oblige à réviser la théorie et à l'affiner. Or ça me titillait, cette histoire de centuple. On est loin des revenus du livret A, même revalorisé. Alors j'ai fait le test. J'ai tout vendu, tout donné, et je suis parti à l'autre bout du (tiers) monde pour suivre le Christ, histoire de voir ce que ça rapportait. Et je n'ai pas été déçu. Certes, j'étais dans une communauté religieuse, pas livré à moi-même dans la rue. Mais je n'ai jamais manqué de rien, ayant des maisons à disposition dans de nombreux pays, des voitures, des enfants (alors que ça je n'en avais même pas laissé derrière moi !), de la famille en pagaille, des terres comme s'il en pleuvait. Bien sûr, rien de tout ceci ne m'appartenait vraiment, et je n'avais même pas un compte bancaire. Mais je pouvais user de tout, sans le moindre souci qui accompagne normalement la possession de biens temporels.
Bon d'accord tout ça c'est très bien, c'est quoi la clause en petites lettres ? Eh bien Jésus nous dit qu'on aura le centuple si on quitte tout pour le suivre, mais il ajoute "avec des persécutions", et ça je n'y avais jamais prêté attention. Pourquoi des persécutions ? Eh, parce que l'amour n'est pas aimé, et que quand on voue sa vie à aimer, on va inévitablement se retrouver confronté, tôt ou tard, au mur de la réalité. "Tendons des pièges au juste, puisqu'il nous gène", peut-on lire au livre de la Sagesse. Oh, on n'est pas plus juste que les autres pour être disciple du Christ, mais Jésus, lui, l'est, et on est vite assimilés à son message quand on l'annonce sans le frelater. Or il est dur, ce message, pour les pécheurs. Jésus, pourtant doux et humble de coeur, se retrouvera au final crucifié uniquement pour avoir révélé les pensées secrètes d'un grand nombre. Et si on a traité ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du sec, c'est à dire de ses disciples, qui se retrouvent à dénoncer des péchés auxquels il peut leur arriver de participer parce que, contrairement à lui, ils ne sont pas exempts de fautes ? Et bien disons que, quand on quitte tout pour suivre le Christ, on s'expose aux persécutions, tant du dehors, de la part de ceux qui haïssent l'Église, que du dedans, à cause du danger des faux-frères, mais surtout du combat qui a lieu en nous entre le bien que l'on voudrait faire et qu'on ne fait pas, et le mal que l'on ne voudrait pas faire et que l'on fait, prisonniers de ce corps de mort que dénonçait déjà saint Paul.
C'est bien, de tout quitter pour suivre le Christ. Je ne peux que le conseiller. Mais ne soyons pas étonnés si ça nous coûte des persécutions, parce que ça fait partie du pack.
Plus on est préoccupé par soi-même, plus ce qui nous arrive nous semble important.
Pour relativiser les souffrances, les difficultés, les peurs, les angoisses ou les problèmes de notre vie,
il n'y a pas d'autre moyen que de se focaliser non plus sur soi-même, mais sur quelqu'un d'autre.
Et plus il y a de gens pour le bien-être desquels on se préoccupe sincèrement et profondément,
plus on vivra sereinement notre propre vie, même au milieu des épreuves qui la traversent.
Quand on connait Dieu et sa volonté, il est impossible de pécher si on n'est pas orgueilleux.
En effet, au moins le temps d'un péché, on considère que nos critères et nos raisonnements
sont supérieurs à la sagesse et à l'amour de Dieu pour nous ;
on pense sincèrement (ou au moins on s'efforce que ça ait l'air sincère) qu'on a raison et qu'il a tort,
et on décide d'agir selon nos pensées et non plus selon les siennes.
Si ce n'est pas de l'orgueil, de penser avoir raison contre Dieu,
alors je ne sais pas ce qui peut en être.
Il est illusoire de penser que nos péchés ne nous éloignent pas de Dieu :
manquer d'amour envers quelqu'un ne peut que nous éloigner de lui,
même si dans notre tête on pense en être toujours proche.
Et chaque fois que l'on commet un péché, contre qui que ce soit,
ça concerne nécessairement Dieu, parce qu'il est Amour
et que c'est lui qui nous a demandé de nous aimer les uns les autres.
Je n'arriverai jamais à comprendre comment on peut en vouloir à Dieu quand quelqu'un meurt.
Je pourrait comprendre qu'on lui en veuille si c'était lui qui nous tuait, mais ce n'est pas le cas :
la mort est quelque chose de naturel, tout ce qui nait doit mourir, ce n'est pas une surprise.
Nous mourrons tous, qu'on le mérite ou pas, parce que ce n'est pas une histoire de punition,
mais parce que nous sommes mortels.
La place de Dieu, dans tout ça, c'est de nous proposer la résurrection et la vie éternelle.
Il est le seul à pouvoir prolonger notre vie au-delà de ses limites naturelles,
par une intervention surnaturelle qui n'est pas un dû mais une grâce.
Alors plutôt que de lui en vouloir pour ce qu'il n'a pas fait, on devrait le remercier pour ce qu'il fait :
c'est uniquement grâce à lui que nos êtres chers ne sont pas perdus à jamais,
mais que tous, nous ressusciterons pour vivre éternellement dans son Royaume,
si nous choisissons l'amour de Dieu et du prochain au cours de notre vie.
On ne peut exiger de Dieu de faire des miracles quand ça nous arrange,
comme si c'était normal qu'il soit à notre service pour faire notre volonté.
Un miracle est, comme son nom l'indique, quelque chose d'anormal et de rare.
Rendre grâce à Dieu quand il en fait un, oui. Lui en vouloir quand il n'en fait pas, non.
Que le genre humain soit incapable de ne pas commettre de péchés, c'est déjà ennuyeux.
Mais ce qui est pire, c'est de prétendre que nos péchés sont des qualités,
préférant changer les enseignements du Christ plutôt que nos habitudes,
parce qu'alors, non seulement on est responsable de nos propres manques d'amour,
mais aussi de ceux de toutes les personnes que l'on aura trompées par notre mensonge.
Si on veut aller dans le royaume de Dieu, il faut renaître d'en haut, par le baptême.
Jésus le dit clairement, et c'est répété régulièrement au long du Nouveau Testament.
Ce qui est né de la terre est mortel, ce qui est né de Dieu est éternel.
Notre naissance ne conduit pas naturellement au Ciel.
Pour y aller, il faut un sacrement venu de Dieu.
C'est une banalité que de le dire, mais j'ai souvent remarqué
que les gens qui, dès qu'on parle de vie chrétienne,
sortent immédiatement des histoires de croisades, d'inquisition, de colonialisme etc etc...
ne cherchent, en fait, qu'à justifier leur éloignement de Dieu
en en rejetant la faute sur le premier venu qui puisse faire office de coupable idéal.
Rien de nouveau sous le soleil : "c'est pas de ma faute mais de l'autre, que tu as mis là",
ça sert d'excuse pour se dédouaner de toute responsabilité depuis le péché originel,
le coupable de tous nos péchés n'étant, en fin de comptes, personne d'autre que Dieu,
si on va jusqu'au bout de cette logique qui refuse d'assumer ses propres choix en se victimisant.
Certes, la Bible est vaste et pour commencer à bien la comprendre,
certains y consacrent leur vie, bien des voyages et d'incessantes études.
Certes, la religion chrétienne est un vaste sujet, dont les tenants et les aboutissants
remplissent des bibliothèques entières entre histoire et géographie, écrits de saints, prières,
considérations morales, théologiques, philosophiques, bibliques, légales, liturgiques, etc etc...
Cependant, à mon sens, la perle précieuse, le trésor caché,
ce qui unit tout cela et lui donne sa valeur et sa richesse, ça tient en une phrase :
"tu aimeras Dieu par-dessus tout, de tout tout coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit,
et ton prochain comme toi-même".
Il ne s'agit plus là d'étude, mais de mise en pratique.
Plus de théologie, mais de petits gestes quotidiens.
Plus de grandes théories, mais d'actes de charité concrets, persévérants, et souvent invisibles.
Tout le reste est important, bien sûr.
Mais rien n'est aussi important qu'aimer.