Avoir beaucoup de capacités est une chose,
être orgueilleux en est une autre.
L'humilité n'est pas incompatible avec l'excellence.
Il y a des gens dont le péché mignon consiste à ne s'occuper que des autres et jamais de soi-même.
Ils ont besoin d'apprendre, tout comme un égoïste doit apprendre à sortir de ses propres intérêts,
à accepter de se laisser aider, eux aussi, et à vivre pour eux-mêmes, ce qui est leur droit le plus strict.
Nul n'a été créé pour être l'instrument de qui que ce soit, eux pas plus que n'importe qui d'autre.
Alors, s'ils veulent ensuite aider les autres, ça sera un choix librement consenti,
et plus juste une addiction à laquelle ils seraient incapables de résister.
Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant
à ce que ce soit la personne qui a tout laissé pour suivre le Christ
qui soit responsable des paroisses,
et non ceux qui sont toujours impliqués dans les affaires de ce monde.
L'idée que ce sont les laïcs qui devraient diriger les paroisses
et que les prêtres devraient être de simples exécutants qui font là où on leur dit de faire
n'est pas cohérente avec ce que Jésus demande à ses disciples.
Elle n'est donc pas conforme à l'Évangile.
Nul ne va vers le Père sans passer par Jésus Christ.
Il est le chemin, la vérité, la vie.
Mettre sa foi dans une personne, ou dans une préoccupation à la mode,
dans l'espérance que ça va donner un sens à notre vie ou nous sauver de tout mal,
c'est le meilleur moyen de s'assurer de vivre de graves et profondes déceptions, tôt ou tard.
Je remarque une recrudescence de recommençants ou de convertis dans les paroisses,
qui sont passés par toute sorte de croyances ou de recherches ésotériques avant d'arriver ici.
Le problème, c'est qu'ils attendent de l'Église le genre d'excitation spirituelle ou intellectuelle
qu'ils recherchaient en suivant toutes les croyances ou les miracles qui les attiraient ailleurs.
L'Église n'est pas un cabinet des curiosités censé apaiser notre soif de fascination.
Elle est le chemin sûr qui mène au Royaume de Dieu, en suivant les enseignements du Christ.
Ce n'est pas toujours excitant, ça ne produit pas nécessairement de la dopamine ou de l'adrénaline.
Par contre, c'est un chemin sûr et balisé, qui vient de Dieu et qui mène à lui.
C'est peut-être austère, parce que ça peut parfaitement se passer de phénomènes mystiques,
mais c'est un chemin de vie qui n'est ni inutile ni stérile, même s'il n'a rien d'extravagant en soi.
L'histoire d'Adam et Ève, c'est l'histoire d'un manque que l'autre vient combler.
Il est donc naturel que, dans tout couple, l'autre soit la personne dont j'avais besoin
pour combler un manque, quel qu'il soit.
Seulement, pour que ça devienne un couple viable, au bout d'un moment,
il faut apprendre à plus s'occuper du manque de l'autre que du sien,
sous peine de vivre un égoïsme à deux
et non pas l'échange fructueux, où chacun pense au bien de l'autre,
que le mariage est censé être.
La priorité dans la vie d'un prêtre, ce n'est pas de plaire au monde, mais d'être fidèle au Christ.
Si Jésus avait cherché à plaire au monde et non à être fidèle à la volonté de son Père,
il ne serait pas mort sur une croix, et le Salut ne serait pas entré dans le monde.
Faire plaisir à quelqu'un ou le sauver, il faut choisir, parce que ce n'est pas toujours compatible.
L'existence des prêtres ne doit rien au hasard, ni à une mainmise des Apôtres sur l'Église.
C'est Jésus qui choisit ses prêtres, d'abord personnellement, quand il était parmi nous,
puis par l'appel de la vocation confirmé par l'Église, qui mène à l'ordination d'hommes
qui sont chargés, aujourd'hui comme hier, d'être les intérmédiaires entre le peuple et Dieu.
Sans prêtres, il n'y aurait plus de sacrements, plus d'action du Christ au milieu de nous,
plus de contact avec Dieu certifié par Jésus lui-même.
Toute supposée apparition, tout soi-disant enseignement, toute décision qui s'en prend aux prêtres,
à la légitimité de leur existence, à leur irremplaçable place d'intercesseurs choisis par Jésus-Christ,
ne peut en aucun cas venir de Dieu. C'est soit une imposture, soit une tromperie du malin.
Se laisser prendre par de pareilles aberrations, c'est rejeter l'oeuvre du Christ
et son projet de salut, dont l'existence active au milieu de son peuple
est inséparable du sacerdoce qu'il a institué au soir du Jeudi Saint.
L'intelligence joue parfois contre ceux qui en sont largement pourvus, et voici comment.
Ils ont l'habitude de comprendre, de retenir ou d'analyser facilement beaucoup de choses.
Ils prennent donc leur intelligence pour acquise, et lui font confiance en tout.
Sauf que, comme tout le monde, ils ont aussi des préjugés et des à-priori,
c'est à dire qu'ils croient en des choses qui ne sont pas passées par la moulinette de leur raison,
qu'ils n'ont pas vérifiées, auxquelles ils n'ont pas vraiment réfléchi,
probablement parce qu'elles leurs convenaient telles quelles, ou que ça les arrangeait d'y croire.
Le problème, c'est qu'ils ne réalisent pas nécessairement le court-circuit, l'absence de réflexion,
et qu'ils n'admettront jamais qu'ils aient pu se tromper ou être trompés,
parce que d'habitude, ils n'ont aucune raison de douter de leurs analyses ou de leurs connaissances.
Total, on retrouve des intellectuels chevronnés qui croient à des choses d'une stupidité telle
qu'un enfant de cinq ans pourrait se rendre compte de leur ineptie sans effort,
mais que leur confiance en eux les a rendus incapables de critiquer ou de rejeter,
et qu'ils défendent bec et ongle contre toute logique et en dépit du bon sens le plus basique.
Dieu seul est saint.
Pour être saint, il faut avoir Dieu en soi.
On reçoit l'Esprit Saint le jour de son baptême, et en plénitude le jour de sa confirmation.
On le nourrit régulièrement par la communion,
on se réconcilie avec lui par la confession chaque fois qu'on s'en est éloigné,
et on s'efforce de mettre en pratique les actes d'amour mutuel qu'il nous suggère quotidiennement.
bref, par les sacrements, nous recevons de Dieu la sainteté qui est la sienne.
Ce n'est pas une histoire de mérites ou de perfection personnelle.
Ce qu'il faut, c'est recevoir en soi Dieu, qui seul est saint,
le garder, et faire fructifier sa sainteté dans nos pensées et nos actes.
Alors seulement nous pouvons être parfaits comme le Père céleste est parfait.
La soumission à l'autorité n'est pas, en soi, un prérequis pour la sainteté.
Obéir aux enseignements du Christ, certes.
Pour ce qui est des ordres humains, s'ils sont absolument conformes à l'évangile, d'accord.
Mais dans le cas contraire, c'est au jugement de chacun d'intervenir,
et s'en abstenir n'est pas une excuse si ça devait nous faire commettre des péchés graves.
Dieu ne nous a pas créés dotés d'un libre arbitre
pour nous en débarasser dès que quelqu'un exige de nous une obéissance aveugle,
quand bien même il s'agirait d'une autorité religieuse.
Une messe "privatisée", ça n'existe tellement pas
que même dans les monastères cloîtrés,
toute personne de l'extérieur qui voudrait y assister est la bienvenue.
Si ça n'existe pas même dans les monastères, qui sont pourtant des lieux privés,
alors faire ça dans une paroisse serait une parfaite aberration.
Je n'ai jamais pensé que faire des messes pour des groupes exclusifs soit une bonne idée.
La messe est le sacrifice du Christ, elle ne saurait être réservée à une catégorie,
qu'il s'agisse des familles, des enfants, d'une famille ou de quelque autre groupe que ce soit.
Elle est, par destination, ouverte à quiconque veut y participer, et il est bon qu'il en soit ainsi.
Ce n'est jamais la position que l'on occupe dans l'Église qui a été un motif d'honneur,
mais la sainteté de notre vie.
La plus grande sainte que la terre ait jamais porté est la Vierge Marie,
et ce n'est pas parce qu'elle ne faisait pas partie des premiers évêques
que l'honneur qui lui est dû est amoindri en quoi que ce soit.
Mieux vaut être un saint, même en restant parfaitement anonyme,
que quelqu'un de très connu, ayant exercé de hautes responsabilités, qui se damne.